Smog Free Tower, la première tour dépolluante

Smog Free Tower, la première tour dépolluante

Tout commence à Pékin alors que Daan Roosegaarde, jeune artiste et designer Hollandais, est dans sa chambre d'hôtel située au 32ème étage du bâtiment. Il va à la fenêtre et ne voit rien. Enfin, rien d'autre que cette immense chape de pollution qui recouvre la ville.

C'est le déclic qui lui fait prendre conscience de l'urgence de la situation. Toutes les villes du monde sont concernées par la pollution croissante et plus la ville est grande, plus l'air est pollué. La situation est notamment dramatique à Pékin, où la dégradation de l'air cause la mort de 4 000 personnes chaque jour.

Un aspirateur à pollution

Daan Roosegaarde va donc agir à son niveau, avec les outils dont il dispose : son talent de designer et une équipe de pointe. Il collabore avec l'université de technologie de Delft et la société Environmental Nano Solutions pour concevoir la Smog Free Tower. Après trois ans de recherches et de développement, le prototype est activé à Rotterdam le 15 septembre dernier.

La tour mesure 7 mètres de haut et est faite pour être placée dans les parcs publics. En une heure, elle nettoie 30 000 mètres cubes d'air qu'elle restitue propre à 75%. Bien sûr, la Smog Free Tower fonctionne à l'énergie verte et consomme très peu d'électricité (1 700 watts, soit l'équivalent d'une bouilloire électrique). Il est d'ailleurs question qu'elle évolue vers une énergie solaire.

L'ionisation positive

La technologie utilisée, développée par Environmental Nano Solutions, est basée sur l'ionisation positive. Une ventilation est placée au sommet de la tour pour aspirer l'air et le faire passer dans un compartiment où ses particules polluantes seront chargées d'ions positifs. Comme aimantées, les particules nocives sont retenues par un système d'électrodes et l'air ainsi purifié ressort de la tour.

Les filtres qui équipent la Smog Free Tower sont quant à eux le résultat des travaux de Bob Ursem, expert en nanoparticules à l'université de Delft. Utilisés en extérieur, ses filtres retiennent 60% de la pollution. À l'intérieur d'un immense parking où il les a également testés, l'air était 70% plus pur.

Mille mètres cube d'air dans un bijour

Daan Roosegaarde a également eu l'idée de réutiliser les particules récupérées en les compactant à haute-pression pour les intégrer à un bijou symbolique. Le petit cube translucide qui orne les bagues ou les boutons de manchette qu'il fabrique contient les résidus polluants de mille mètres cube d'air.

La vente de ces bijoux participe au financement du développement du Smog Free Project que l'on retrouve sur Kickstarter (à partir de 50€ le petit cube seul). Il est aussi prévu que la Smog Free Tower voyage à travers le monde, le prochain arrêt souhaité par Daan Roosegaarde étant Pékin, là où tout a commencé.

Photos : Studio Roosegaarde

Posted on 07/10/2015 by Cécile Lessard Eco-responsables 0 1747

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