Estelle Aubouin, étudiante et cofondatrice du site Le Colis

Estelle Aubouin, étudiante et cofondatrice du site Le Colis
Diplômée en communication, Estelle Aubouin est aussi la cofondatrice d'un service de livraison de produits français aux expatriés. Après une rapide formation en développement web, elle a repris des études de commerce, tout en étant chef d'entreprise.

Si l'idée du site Le Colis est à la base partie d'un jeu entre Estelle Aubouin et Alexis Flocon, elle est depuis devenue une véritable entreprise. En effet, s'amusant à "inventer l'entreprise la plus farfelue possible", Alexis lance l'idée d'un service de livraison pour les "expatriés en mal de fromages". Au vu des problèmes sanitaires, le fromage est évincé du projet et fait place à la livraison de produits français. Le Colis est ainsi né.

Tous deux étudiants à l'époque de la création, ils ont su concilier études supérieures et entrepreneuriat. Ancienne étudiante en communication et bidouilleuse du code, Estelle a fait le choix de reprendre, à la fois des études de commerce et de se former avec Le Wagon. Cette formation de 2 mois, durant laquelle plusieurs langages informatiques sont abordés (Ruby, SQL, ORM, HTML, CSS...), est spécialement tournée vers le monde de l'entrepreneuriat. Jonglant désormais entre école de commerce et développement du Colis, elle revient sur son expérience d'étudiante/chef d'entreprise et les choix de développement de sa start-up.


  • Tu as créé ton entreprise en 2013, sans business plan et sans étude de marché, des étapes souvent jugées importantes dans la création d'une entreprise. Quelles ont été les premières étapes de votre projet ?

Mon associé Alexis Flocon, était en master 1 de droit des affaires, donc il s'est occupé de la création de la structure. Nous avons réfléchi aussi au positionnement, à la faisabilité, au stock pour démarrer... L'idée était de faire valider ce projet par le marché et de lancer un prototype de site, un site vitrine, pour voir la réaction en face. Et nous avons été étonnés d'avoir une première commande sur la page Facebook, alors que nous n'avions pas encore de site.

On a commencé à réfléchir ensemble aux moyens de mettre Le Colis en place, en mai 2013. Pendant 2 semaines, nous avons eu uniquement une page Facebook. Puis avec très peu de moyens, nous avons lancé le site en septembre, qui était ce qu'il était à l'époque. Il existe pas mal de solutions pour lancer un site web et je savais un peu coder. Nous avons eu nos premiers clients et nous avons très rapidement développé le projet. J'ai ensuite fait la formation du Wagon parce qu'on avait besoin d'un site plus travaillé et que cela nous limitait.

  • En intégrant le Wagon, quelles étaient tes appréhensions sur le développement web et sur cette formation? Quelles étaient tes attentes par rapport au Colis ?

Je n'avais pas spécialement d'appréhension sur le développement parce que je bidouillais depuis plusieurs années. J'appréhendais surtout le fait d'apprendre beaucoup de choses mais pas assez pour être totalement autonome. Or, c'est la promesse du wagon et on en sort capable de réaliser et de monter son projet. Bien sûr, on ne sera pas développeur au sein d'une grande boîte à l'issue de deux mois de formation. Mais, on est sacrément bien armé pour développer des projets à échelle d'entrepreneur.

Je la recommande parce qu'elle est liée au monde de l'entrepreneuriat. Elle est axée sur l'autonomie et la capacité à développer ses projets par la suite. Maintenant, je gère toute la partie technique et je n'ai pas honte non plus de dire que je bidouille. Je gère le site internet, ce qui nous a permis d'économiser le salaire d'un CTO.

  • Penses-tu avoir besoin de te former à nouveau pour développer d'autres projets, comme une application mobile pour Le Colis ?

Pas pour la partie web. En revanche, si la question d'une application mobile se pose, je pense qu'on prendra quelqu'un parce que ce sont des langages différents. A l'heure actuelle, on peut très bien s'en sortir avec seulement un site mobile. Donc, pour nous, la question ne se pose pas. A part pour les gros sites e-commerce du type Amazon, il n'est pas nécessaire de développer une application. Un site en responsive fait largement le travail.

  • Tu gères à la fois le marketing, la communication, le site et les relations presse. Comment arrives-tu à cumuler toutes ces casquettes, en plus de tes études ?

La complémentarité avec mon associé et le fait que nous ayons tous les deux des bagages académiques différents nous a permis, au début, d'avoir des champs d'action bien répartis et qui nous plaisaient. Maintenant, nous sommes capables d'être réactifs sur à peu près tout. Si une commande arrive ou qu'il y a un problème avec un fournisseur, je peux y répondre, tout comme Alexis. Cela dépend de l'avancement de chacun dans ses travaux personnels. Pour ce qui est des études, on n'a pas le choix, on fait avec ! Nous avons eu une période de Noël très chargée, qui était aussi la période des partiels. Il a fallu conjuguer les deux. Comment on y arrive ? Je sais pas trop !

  • Votre entourage vous a-t-il aidé dans ce genre de moments ?

Jusqu'à présent, nous avons évité de solliciter les petites mains. Nous avons lancé cette idée donc nous considérons que les gens n'ont pas nécessairement envie, un 20 décembre au soir, de faire des cartons ! Mais nous avons vraiment eu un énorme soutien de la part de notre entourage respectif, qui nous a toujours poussé à développer cette idée, qu'elle marche ou non. J'ai passé une année à plein temps dessus, entre la fin de mon master 2 au CELSA [école de communication] et mon entrée en septembre dernier à l'ESSEC [école de commerce]. Mon entourage m'a poussé à prendre une année pour moi, pour développer ce site et continuer dans cette voie.

  • Ton mémoire de master 2 portait sur l'utilisation de Snapchat par les marques. Pensez-vous utiliser ce type de réseaux sociaux pour communiquer sur Le Colis ?

Nous avons déjà essayé en fait. Nous voulions communiquer sur tous les réseaux sociaux possibles et voir ce qui marchait. Sur Snapchat, nous n'avons pas eu d'excellents retours donc nous avons très vite abandonné. Nous sommes restés sur Facebook et Twitter, ceux qui marchent le mieux. On aime bien Instagram aussi pour le côté très visuel. Quand on présente des produits et de la nourriture, c'est plus sympa d'avoir de belles photos.

On se prépare... #LeColis

Une photo publiée par Le Colis (@le_colis) le


  • En 2013, tu as également étudié et écrit sur le quantified self et les traqueurs d'activités. Quelle est ton opinion sur ce type de produits ?

Je reste très intéressée et j'aime beaucoup cela. Mais je suis aussi consciente que, pour l'instant, il n'y a pas de champ réglementaire défini pour ce type d'objets. Je vois pas mal d'initiatives de la part d'assurances ou de géants comme Google et Apple, qui en profitent pour récupérer ces données. Donc je reste aussi consciente "du danger" que ça peut représenter, en tout cas de l'absence de cadre.

  • Quels conseils donnerais-tu à des étudiants voulant créer une entreprise tout en continuant leurs études ?

Le seul conseil que je donnerai, c'est d'essayer. Je trouve qu'une start-up permet, pour un projet étudiant, de tester son idée, voir si elle marche avant de se poser la question de concilier études et entrepreneuriat.

  • Envisagerais-tu d'arrêter tes études si les demandes du Colis deviennent trop importantes ?

Non pas du tout ! Après un master 2, j'ai quand même fait le choix de reprendre des études, donc je m'arrêterai pas en plein milieu. S'il y a un énorme succès, il y a toujours d'autres solutions, comme prendre un associé ou déléguer.

Toutes les informations pour envoyer des produits du terroir à ses amis expatriés via Le Colis, sont disponibles sur :

Article rédigé le 09/02/2015 par Nawal Lyamini Histoires de Femmes, Working Girl, Home, Portraits & Interviews 0 1730

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