Rêve de Pan, la toy story de Rachel de Vannoise

Rêve de Pan, la toy story de Rachel de Vannoise
Le tumulte des grands cabinets d'avocats, Rachel de Vannoise l'a quitté pour fonder une famille à la campagne. Mais la vie est loin d'y être calme lorsque l'on est à la tête d'un e-shop de créateurs, tout en fabriquant à la main des jouets en bois.

Après Dubaï, l'Espagne ou la Russie, Rachel de Vannoise a aujourd'hui posé ses bagages dans une longère à restaurer, en plein coeur de la Mayenne. Ancienne chef de projet pour un cabinet d'avocats américain, elle a alors « une vie très épanouie », voyageant aux quatre coins de la planète pour installer les nouveaux bureaux de la firme. Puis, rencontrant son mari à Paris, elle opère avec lui « un virage à 180° » pour se construire une nouvelle vie, loin des appartements minuscules, des heures de travail interminables et du rythme effréné d'une jeune cadre. « Pour nous, fonder une famille à Paris dans un 30 m² n'était pas envisageable. Et nous avions vraiment besoin d'un retour aux sources […] Même si j'ai une grande affection pour Paris ».

Après avoir respectivement quitté leur travail et trouvé la maison de leurs rêves, le couple s'y installe et commence les travaux. Si le mari de Rachel retrouve rapidement un poste dans sa branche, pour elle, la tâche paraît beaucoup plus difficile. « Parce que trouver le même type de poste en Mayenne est compliqué. C'est le genre de travail que l'on fait dans des grandes agglomérations et au sein de grandes structures ». De plus, la jeune femme se « [rend] compte que trouver du travail avec le ventre bien arrondi n'est pas possible ». À sa vie professionnelle, elle choisit alors sa vie personnelle.

« J'ai toujours eu des journées de travail énormes. Je ne me voyais pas conjuguer les deux. Je me disais que ce n'était pas possible d'avoir un enfant et d'aller au travail, de rentrer à 21 heures, de ne pas le voir parce qu'il dort. Ce n'était plus le rêve que l'on se faisait de la maison à la campagne, de la vie de famille ».

À bas les lumières qui clignotent et les musiques stridentes

Mais très vite rattrapée par ses envies et la découverte de l'univers du jouet avec son premier bout d'chou, elle commence l'aventure Rêve de Pan et la fabrication de jouets en bois. Avant cela, Rachel n'était pas ce qu'on peut appeler une aficionado de l'univers de l'enfance. Son intérêt pour le secteur est étroitement lié à cet événement. Mais les travaux qu'elle effectue pour retaper sa maison la mettent régulièrement en contact avec des machines, du bois et différents outils dont elle s'est rapidement servie pour « bricoler des petits objets » et éviter les rayons des grandes surfaces.

« Je ne voyais plus que ça dans les rayons. Des jouets à piles, des couleurs flashy, des jouets en plastique. Pour moi, ce n'est pas ça l'environnement d'un enfant. Ce n'est pas rempli avec des jouets qui font cling, bam, boum, bing. On appuie sur un bouton, il y a une balle qui saute. Je me sentais agressée par ces jeux ».

Ayant pris de l'assurance dans son travail du bois, elle commence par fabriquer les premiers jouets de son enfant, dès que celui-ci s'est mis à attraper des objets. Elle lui confectionne sa première voiture, qui est aussi sa première création pour la future ligne Rêve de Pan. À partir de là, Rachel prend conscience de ce qu'elle a entre les mains et se lance dans la construction de sa petite entreprise. Autodidacte, elle se perfectionne pendant plus d'un an au travail du bois et à la création de nouveaux produits. « Je n'avais jamais utilisé de machines à bois pour fabriquer des produits finis. Alors, je me suis servie de YouTube, de tutoriels avec des menuisiers qui se filment en train d'utiliser des machines ». Son père, ancien fabricant de meubles artisanaux, la conseille sur le matériel et petit à petit, la collection s'agrandit suivant les critères de qualité de la créatrice.

Pensés pour réduire leur impact écologique, les produits de la marque respectent avant tout le développement et la santé des touts petits. « Il est très important de protéger l'environnement de l'enfant ». Ainsi, les jouets et les meubles créés par Rachel de Vannoise répondent aux normes liées au secteur de l'enfance. Fabriqués en bois brut FSC non traité, ils peuvent être mâchouillés sans risques, les peintures à l'eau Ecolabel utilisées étant sans danger. « Je travaille également les packagings pour les limiter au maximum ». Ainsi, bon nombre des jeux de la marque sont livrés dans un sachet en coton non traité.

Dans la peau du client

Le passage des normes et le lancement de la marque Rêve de Pan ayant pris plus d'un an et demi, Rachel de Vannoise en a profité pour développer son site, dont les pages restaient vides en attente des premiers jouets Rêve de Pan. « J'avais créé mon site internet en pensant que, très vite après avoir fait ma fameuse petite voiture, j'allais pouvoir la mettre en vente ». S'intéressant aux créateurs de jouets et de décoration pour chambres d'enfant déjà implantés sur le marché, elle commence « à craquer sur des choses » et décide de les commercialiser avant ses propres produits.

De coups de coeur en coups de coeur, la chef d'entreprise propose aujourd'hui plus de 2 000 références se retrouvant autour de valeurs communes. Si certains créateurs partagent les critères d'écoconception de la marque Rêve de Pan, tous mettent la protection de l'environnement de l'enfant au centre de leurs créations. Outre ces caractéristiques, Rachel de Vannoise met l'accent sur la beauté des objets pour les adultes.

« Je vois l'état de mon salon. Il y a des jouets partout. Donc c'est important qu'ils soient beaux. Maintenant, on arrive à faire de beaux intérieurs avec de la customisation à faire soi-même. Mais cela est saccagé par des jouets pas beaux ».

De même, la créatrice n'oublie pas son statut de maman vivant à la campagne et a su mettre en place des services qui devraient satisfaire les parents pressés en période de Noël. Réalisant ses propres achats majoritairement sur internet, Rachel de Vannoise est une cliente exigeante et « une maman digitale ». Pour chaque décision concernant son site web, elle se pose ainsi la question de savoir ce qu'elle attendrait d'un site e-commerce. « La rapidité de livraison est donc essentielle. Moi, quand je commande quelque chose, je veux le recevoir tout de suite. Je n'ai pas envie d'attendre 3 semaines ».

Aussi, toutes les commandes passées avant midi, voire quinze heures certains jours, sont expédiées le jour même pour une livraison en 48 heures maximum. Une livraison assurée par le fait que tous les objets sont également en stock. Et pour satisfaire toute sa clientèle, l'entrepreneuse a un planning musclé, commençant sa journée par l'envoi des commandes et la gestion du service après-vente, avant de se consacrer à la création de nouveaux modèles, à la fabrication des produits et à la gestion du site. Et pour souffler, elle enfile la casquette de communicante, animant ses pages sur les réseaux sociaux, un blog et un magazine liés à l'aventure Rêve de Pan.

Même si elle fait « des journées tout à fait correctes » en terme d'heures de travail, le succès du site et de ses créations la pousse aujourd'hui à agrandir son entreprise. « Avant, la phase des gestions de commande durait une heure dans la matinée. Maintenant la matinée dure jusqu'à 15 heures ». Elle pense de ce fait à engager un premier salarié et faire grandir son entreprise. Quant à la marque Rêve de Pan, elle devrait bientôt changer de nom pour se démarquer de celui du site.


Pour retrouver les jouets et meubles de la marque Rêve de Pan :

Article rédigé le 13/11/2015 par Nawal Lyamini Eco-responsables, Portraits & Interviews, Histoires de Femmes, Home 0 1608

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