Les femmes payeraient-elles plus cher que les hommes ?

Les femmes payeraient-elles plus cher que les hommes ?
Si le marketing genré est en pleine expansion depuis quelques années, les différences de prix entre les produits pour hommes et ceux pour femmes sont de plus en plus pointées du doigt, et ce même par le gouvernement, qui vient d'ouvrir une enquête.

Rasoirs féminins, stylos et brosses à dents profilées pour s'adapter aux mains des femmes, marteaux roses et autres produits estampillés de la mention spéciale femme. Voici autant d'exemples du marketing genré qui sévit depuis quelques années, dans les rayons des magasins. Ce martelage publicitaire débute dès la plus tendre enfance, avec un choix de coloris revisitant la palette des rose pour les filles et des bleu pour les garçons, comme le montre le travail de l'artiste JeongMee Yoon en Corée du Sud. Mais ce principe a quitté quelque peu le monde des jouets pour largement s'étendre au reste des produits de grande consommation.

Des Apéricubes apéro entre filles aux sacs à dos en passant par les céréales et les services des salons de coiffure, les produits pour femmes se démocratisent en créant des écarts de prix avec leurs homologues masculins. C'est d'ailleurs ce que démontrent les photos du Tumblr Woman Tax, comparant, preuves à l'appui, les différences de prix variant selon la cible de consommateurs concernée. Et à ce jeu, les femmes sont les grandes perdantes. Cela va de 34 centimes pour un gel à raser à 75 centimes pour un rasoir. L'écart se creuse encore chez certains couturiers qui facturent 8 euros de plus pour une retouche de ceinture.

Une enquête ouverte par le gouvernement

Dans un communiqué, la ministre des Affaires sociales et des droits des femmes Marisol Touraine et le ministre de l'Economie et du Numérique Emmanuel Macron ont fait savoir qu'une enquête venait d'être ouverte sur le sujet.

« La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a donc été saisie pour effectuer des relevés de prix sur les catégories de produits concernés et mesurer la réalité des écarts ».

A partir des résultats de cette étude, le gouvernement pourra ensuite engager une discussion avec les fabricants et les distributeurs, afin de « permettre un accès égal pour toutes et tous à ces produits de grande consommation », autrement dit sans différence de prix. La difficulté reste de démontrer que les produits sont semblables et que cette différence de prix n'est pas justifiée, ne serait-ce que par la part des budgets des entreprises allouée à la communication sur les produits féminisés pour créer de nouveaux besoins.

* Photo extraite du Tumblr Woman Tax : http://womantax.tumblr.com/

Article rédigé le 04/11/2014 par Nawal Lyamini Histoires de Femmes, Home, Société 0 963

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