Sauciflar & Calendos : quand la mode se crée sur internet

Sauciflar & Calendos : quand la mode se crée sur internet
Fanny Mouchel est la créatrice de Sauciflar & Calendos, une marque de vêtements pétillante qui ne se prend pas au sérieux. Ayant lancé sa marque sur Facebook, il y a maintenant 5 ans, elle nous explique son parcours et sa relation avec internet.

Si la bonne bouffe est une autre des passions de Fanny Mouchel, Sauciflar & Calendos est le nom de la marque de vêtements made in France qu'elle a créée, il y a maintenant 5 ans. A l'image de sa créatrice, la marque sait marier une élégance kitsch à un style sportswear, tout cela dans un univers haut en couleurs et en matières.

S'étant jetée seule dans la création de Sauciflar & Calendos, elle nous a reçu dans son cocon rennais pour nous faire découvrir son parcours et comment elle a su développer sa petite entreprise sur internet.

  • Quel a été ton parcours initial, avant de lancer ta propre marque ?

J'ai fait quelques mois aux Beaux-Arts de Rennes. Mais ça ne me plaisait pas trop, je voulais apprendre un métier. Du coup, je suis allée à Esmod parce que j'ai toujours aimé créer des fringues, en dessiner et où j'ai appris le stylisme et le modélisme.

Après, j'ai été 6 mois en stage à Paris chez The French Factory, une créatrice de bijoux qui bossait chez elle et qui tournait très très bien. Et là, j'ai appris plein de trucs au niveau de l'entreprise, sur comment la faire tourner, l'envoi des colis, des trucs tout bêtes que je ne connaissais pas forcément. A l'époque, elle était aussi beaucoup sur internet. Elle avait un blog où elle présentait autre chose que ses créations. Et je me suis lancée direct après ça.

  • Donc c'est vraiment l'expérience chez The French Factory qui t'a donné l'envie de créer Sauciflar & Calendos ?

Bah, je le voulais déjà. En fait, j'ai fait du stylisme mais c'était pas du tout pour travailler chez Chanel ou autres. Y en a que ça fait rêver. Moi ça me faisait pas du tout rêver d'aller bosser chez une grande marque. Je voulais vraiment lancer mon truc à moi parce que j'ai toujours eu mes propres goûts bien définis, depuis toute petite.

  • Quelles ont été les premières étapes après ce stage ?

Après, retour à Saint-Malo chez mes parents, le temps de me lancer et puis de faire les petits stages d'entreprise qui sont bien à faire avant de se lancer.

J'ai fait 2 ou 3 premiers vêtements. J'ai fait les photos et quand j'ai fini 5 ou 6 vêtements, j'ai mis les photos sur Facebook. Après les gens ont invité leurs amis à liker la page. Et puis de fil en aiguille, j'ai fait mes premières ventes

  • As-tu suivi une formation pour t'aider à créer ton entreprise et est-ce que cela t'a été d'une grande aide ?

Juste une semaine, le truc qu'il propose avec la Chambre des métiers où tu vois un assureur, un banquier, des gens qui viennent te donner des conseils pour après choisir ton statut. Je sais pas trop si ça m'a beaucoup aidé. Enfin c'était pas mal pour se mettre un peu dans le bain, pour anticiper certaines choses et pour se rendre compte si on a vraiment envie de faire ça ou pas.

  • Internet a été la porte d'entrée pour toi finalement ?

Ouais ! Et au début, je n'avais que la page Facebook. Je n'ai pas fait tout de suite de vraie boutique en ligne. Dawanda et A Little Market existaient déjà mais je m'y suis mise plus tard... Je me suis mise d'abord sur Dawanda et après sur A Little Market, au bout de 6 mois d'entreprise. Après les boutiques en ligne, j'ai ouvert mon blog.

Au final, internet me permet de vendre dans toute la France, sans me déplacer de chez moi. Je vends un peu à l'international, mais pas tant que ça parce que les frais de port sont plus élevés. Donc ça reste un frein.

  • Et pourquoi un blog plutôt qu'un site?

Au début j'avais fait un autre site mais c'était pas pratique parce que vu que je mets tout le temps des nouveautés, il faut pouvoir le mettre à jour tout le temps. Donc le blog c'était plus simple à gérer. Et je me suis dit que j'aimerai bien faire d'autres rubriques, comme mettre des photos de bouffe, et j'en mets déjà de temps en temps. Après, c'est pas un vrai blog comme les blogueuses font, où elles racontent des choses, parce que j'aurai du mal à raconter ma vie. Mais j'aime bien lire ceux des autres.

  • Tu vends toujours en boutique physique ? Comment as-tu fait pour que tes créations arrivent en boutique ? Les as-tu démarché ?

Je ne vends plus en boutique en ce moment. Je l'ai fait un petit peu mais vu qu'ils prennent une marge c'est pas forcément très intéressant. Mais c'était plus souvent les boutiques qui venaient me voir. Et y en avait une, vu qu'elle était à Saint-Malo, je suis partie la démarcher moi-même. Mais j'ai arrêté, pour l'instant en tout cas.

  • Entre Facebook et les boutiques en ligne. Qu'est ce qui marche le plus et quels circuits sont les plus intéressants pour toi ?

Le plus intéressant pour moi, c'est quand les gens passent directement par moi parce qu'il n'y a pas la commission du site. Mais par contre, sur A Little Market y a vraiment un énorme trafic et du coup j'ai plein de gens qui viennent sur la page sans me connaître. Ils me trouvent dans le moteur de recherche du site par exemple. Du coup, c'est de plus en plus intéressant. Maintenant, presque toutes mes ventes viennent de là.

 

  • Et d'ailleurs, comment fais-tu pour créer des pièces uniques made in France, à la main, à moins de 30 euros ?

Avant je vendais pas à 30 euros. Je vendais à des prix « plus classiques ». Une robe à 80€ ou 110 et un haut à 45-60€. Mais depuis que j'ai un atelier où je peux travailler à l'extérieur de chez moi, je vais beaucoup plus vite. Et du coup ça me permet de baisser le prix.

Et puis je me suis rendu compte que j'avais un public qui n'avait pas forcément beaucoup d'argent, qui allait beaucoup chez H&M ou d'autres, où ça coûte vraiment pas cher. Et je me suis dit que pour qu'ils continuent à venir chez moi et qu'ils y aillent plus, il faut baisser le prix. Je vais vraiment plus vite qu'avant donc c'est sur la quantité que je fais mon chiffre d'affaires.

Je ne mets pas du tout beaucoup d'argent dans mes propres fringues. Donc je fais aussi quelque chose que je pourrai m'acheter moi-même.

  • Un conseil pour des personnes qui ont envie de se lancer dans la création d'une entreprise ?

Je leur dirai de ne pas essayer de copier les autres. Parce que ça j'ai eu des problèmes avec ça et c'est assez énervant.

  • Dans quel sens, on t'a piqué certaines de tes créations ?

Voilà, quand tu vois d'autres gens qui sont au même niveau que toi et qui te pompent tes idées, c'est très énervant et ça sert à rien. C'est pas comme ça que tu vas te faire connaître. Donc je leur dirais, restez vous-même !

  • Penses-tu que c'est une des conséquences de la vague du DIY et des tutoriels sur internet sur le travail des créateurs ?

Oui, je pense. Justement, la fille de The French Factory a été la première à faire des colliers avec des cages à oiseaux, des trucs avec des nœuds Vichy, des tours Eiffel. Maintenant, t'en as partout. Tout le monde s'est mis à en faire, comme les macarons en pâte fimo. En tout cas, quand j'ai fait le stage chez elle, j'en avais jamais vu ailleurs. Et 6 mois après, il y en avait chez H&M et du coup, vu que ça s'est généralisé dans les grandes enseignes, bah les petits créateurs se sont mis à faire pareil.

  • Quelles seraient tes envies pour le futur de Sauciflar & Calendos ?

J'aimerais beaucoup habiller certains groupes de musique, mais c'est que des rêves comme ça. Sinon j'aimerais aussi beaucoup ouvrir une boutique un jour. Mais faudrait que ce soit une boutique avec plusieurs créateurs ou créatrices, parce que c'est pas possible de gérer une boutique et la création toute seule.

  • Une sorte de coop de créateurs ?

Ca existe déjà à Rennes (Mint et La Supérette). Mais faut que tout soit dans le même esprit donc ce n'est pas facile de trouver des gens pour faire ça.

Pour retrouver les créations de Sauciflar & Calendos, les Brestois pourront rencontrer Fanny au Binz Market, qui se tiendra les 18 et 19 octobre prochain. Sinon, quatre adresses sont à retenir :

* Photos par Marlène Desaize/Bijoux Photographiques

Article rédigé le 07/10/2014 par Nawal Lyamini Histoires de Femmes, Working Girl, Home, Portraits & Interviews 0 1514

Partagez cet article

Leave a Comment

You must be logged in to post a comment.
Prev
Next